Index

A

B

C

D

E

F

G

H

I

J

K

L

M

N

O

P

Q

R

S

T

U

V

W

X

Y

Z

La muse juvénile

 

Il faut au passé
Les soirs de solitude
Sans hésiter
Dire bonjour.

Aux jours que hantait
La muse juvénile.

Pas à ceux
De la recrue.

 

 

 

L'Automne au pouvoir

 

Une affiche grise collée au ciel
Infinie
Jonchent encore le sol en forêt
Les feuilles mortes,
Ses tracts jaunis.

L'Automne au pouvoir
Le froid m'aurait été épargné
La misère au coin de la rue
Et cette longue nuit.

Un soleil gentil
Des fleurs dans les champs
Des oiseaux, des papillons
Illusion d'éternel !
Ca, ce n'est pas lui.

Quant à la mer,
La plage riante en été,
Qu'en restera-t-il
Après la noire marée ?

 

 

 

Le jour du premier mot

 

Le jour
Dont j'aurai souhaité
Aussi demain
Avoir l'usage,

Le jour du premier mot.

Les ancêtres te le raconteront
Pas à pas,

Que tu saches prendre l'envol.



A Timothée (encore et encore !)

 

 

 

Le rêve d'une femme

 

A l'homme qui ne possède rien
Vous pourrez encore tout enlever

Sauf

Le rêve d'une femme
Qui lui tient la main ...

 

 

 

Les gestes sont majestueux

 

Elles défilent,
Déesses,
Dans mon cœur.

Les gestes sont majestueux,
La grâce, totale.

Le regard
Quelquefois
Provoque.

Je m'agenouille,
Je tends les bras.

Mais l'une après l'autre,
Elles disparaissent.

Les passantes.

 

 

 

Les moineaux meurent

 

Des colonies dans la ville.
Qu'ils viennent de la campagne
Ou d'une autre ville
Toujours
Ils sont de la campagne.

Bruns, les femelles fécondes
Ils piaillent
Mais le monde affectionne
Les charmants
Les élégants qui gazouillent.

Les moineaux meurent
- Le froid les emporte
Et d'autres maux -
Sans que l'on s'en aperçoive ...

 

 

 

Les pépites

 

Nuit, ici,
Argentée.

Mais des mots suspendus dans l'air
Comme à Tunis le jour,
Les pépites,
Que certains voient.

Au centre, le bazar,
Parce que rien ne va
Sans l'orient.

Une musique
Qui galope loin devant.

Dans l'ambre,
Mon corps s'est noyé.

Et voici que tu croises un regard :
Le Sien.

 

 

 

Les terres dérivent

 

De par leur volonté
Les terres dérivent.
Si bien que dans son verre
Mon vin frémit de colère.
Portées par les océans
Les unes des autres
Se rapprochent.

Cependant,
De par leur volonté
Les hommes
Les uns des autres
S'éloignent.

 

 

 

L'infatigable

 

Avec l'horloge
T'échappera le printemps
T'échapperont les couleurs
T'échappera l'air.

Peu importe.

Puisqu'à la taverne
Es-Saguia
L'infatigable
Rien que de par son être
Te donnera
Les mots...

 

 

 

Lou Salomé

 

Bonsoir de bonsoir Fritz !
Ces stratagèmes que tu inventes
Pour oublier !
Se pincer à se faire mal,
Une image,
Celle de son corps,
A conjurer,
Bannir son parfum à jamais,
Ta poésie,
De mots, tes symphonies,
Tes malaises,
Ta folie.

Fritz, ne savais-tu donc pas ?
Toujours elle sera la plus forte,
Lou Salomé.

(Inspiré de Irvin D. Yalom, « When Nietzsche wept », BasicBooks, NY 1992)