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Dans mes
songes
Je suis de ceux
Qui préfèrent
Rêver le jour
Et se reposer la nuit.
Dans mes songes
Sous le ciel gris
Au temps
L'accès est interdit.
Et je ne m'exprime
Que pour régler
Quelque formalité ...
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Dans un
soupir
La saison
A commencé dans un cri
Et se terminera
Dans un soupir.
Si belle pourtant...
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De sombre
à scintillant
N'est-il pas même pire
Que mon ancêtre premier
Qui courrait
Muni de sa faim et d'un pieu
Le regard sot
Trapu de son corps
Le visage anguleux ?
N'est-il pas
Le gouverneur d'un continent
Qui pour l'or
De sombre à scintillant
A la mort
Tout à l'heure
Et aux canons
Donnera en pâture
Le fils de mon voisin ...
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Des mâles en
rut
A d'aucuns
On impose l'étoile.
A d'autres
- Qui peut-être souhaitent -
Des mâles en rut
Arrachent le signe.
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Des océans
démesurés
Le voici venu
Qui triomphe de l'effroi
Des océans démesurés
Qui repousse la frayeur
Des horizons lointains.
Car Lui, l'Automne,
Sait de quoi sera fait demain.
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Deux mille
trois
Deux mille trois
Ou tout le passé de retour
Je n'en ferais qu'à ma tête tordue
Je mettrais une croix
Sur l'hiver lourd
Sur les guerres
Qu'elles soient éclairs
Ou de cent ans
Je planterais dans le cœur de l'Horloge
Un pieu
Ou l'Arbre éternel
Je chaparderais aux pauvres gens
Leurs solitudes grises des faubourgs
Puis j'irais dans le désert
Je laisserais les dunes
Bercer
Mon âme de marin.
Et dans ma machine à remonter le temps
Je n'écrirais plus que pour Marie.
(Bonne Année à tous les amis du Club des Poètes !)
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Devant
l'arbre
Les guirlandes dans tes
yeux
Me font oublier
Tes grosses larmes
D'hier.
Devant l'arbre,
Enfant émerveillé ...
Et puis, joyeux Noël !
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Donnons-lui un nom !
Je l'ai appris par les
oiseaux
Aujourd'hui
De bon matin.
Ils m'ont annoncé la nouvelle.
Ils me l'ont gazouillée :
Le printemps est là !
(Marie !
Tu avais raison !
Je m'inquiétais pour rien !
Il est là !
Donnons-lui un nom !)
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D'un rêve
trivial
Je ne suis de nulle part.
Je parle les langues
Au hasard
Que j'ai rencontrées.
Tous les jours
Je rêve
D'un rêve trivial :
De l'homme enfin libre.
D'enfants, partout,
Qui mangent à leur faim.
De la mort puisqu'il le faut
De la douleur puisqu'il le faut
Mais pas de celles
Que donnent une main,
Un regard,
Une parole.
Je rêve d'hivers longs
S'il le faut,
Mais qui ne tuent personne.
Je rêve de la peur
Devenue phénomène imaginaire.
Et je rêve,
Pour tout ceux qui en ont besoin,
D'une femme
Qui leur tient la main.
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