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Ce que tu es

  

Il est des anniversaires joyeux.
Des bougies et ton souffle d'enfant,
Des arbres illuminés
Et bien d'autres contes d'orient.

Mais il en est d'autres
Qui te disent :
- O combien méchants -
Voici aussi
Ce que tu es ...

 

 

 

Cherchez !

  

Il faut chercher partout, il faut chercher tout le long de la saison, tout est là ; c'est l'unique question. Pour ne pas sentir l'horrible fardeau du temps qui brise vos épaules et vous penche vers la terre, il faut chercher, il faut chercher sans trêve.
Mais chercher quoi ? Elle, la Muse, l'Autre, la serveuse, la passante, Es-Saguia, à votre guise, mais cherchez !
Et si quelquefois, sur les marches d'un palais, sur l'herbe verte d'un fossé, vous vous réveillez, ivre d'avoir cherché, l'ivresse d'avoir cherché déjà diminuée ou disparue, demandez au vent, à la vague, à l'étoile, à l'oiseau, à l'horloge ; à tout ce qui fuit, à tout ce qui gémit, à tout ce qui roule, à tout ce qui chante, à tout ce qui parle, demandez où elle est. Et le vent, la vague, l'étoile, l'oiseau, l'horloge, vous répondront, il vous faut d'abord chercher ; pour ne pas être les esclaves martyrisés du temps, cherchez, cherchez-la sans cesse, Elle, la Muse, l'Autre, la serveuse, la passante, Es-Saguia, à votre guise.

Josef Bakou
(Anne-Marie, vous avez bien entendu : Josef Bakou)

 

Bonsoir Josef, dis moi s'il te plait, que veut dire Es Saguia ?

Je ne cherche pas,
Je reçois un regard, un rayon de soleil, une onde m'embrasse, une onde passe mais rare est sa forme humaine,
Je ne cherche pas,
je ne la trouve pas,
je la reçois,
je l'espère tout au fond de moi,
je crois que je l'espère
je crois que c'est ça
je l'espère tellement qu'elle habite là, tout au fond de moi
pesante parfois, pesante de n'être pas,
alors je m'arrête et je me dis QUOI ?
et je ne la trouve pas
et je ne sais plus si je l'espère
et je ne sais plus si je la crois
je ne l'ai pas manquée
elle ne m'était pas destinée
je ne l'attends pas
mais lorsque je l'oublie
je me sens légère,
mais lorsque je l'oublie
elle arrive là,

sous forme humaine
et son visage est celui de la passion.

Bises. AM

 

 

 

Comme le regarde la lune

  

Ma muse !
Il faut savoir
Prendre le globe dans ta main
Et le regarder

Comme le regarde la lune
Ta rivale !

 

 

 

Comment peut-on être pour ? (1)

  

Car franchement,
La Mort,
Qui attendra
Patiemment
De prendre la relève.

Ce jour
Où assise à mon chevet
Ma muse
Tu me tiendras la main.

Qui voudrait presque
Se faire oublier.

La Mort,
Crois-tu qu'elle aime les couloirs ?

(La Mort même
Est CONTRE LA PEINE DE MORT
Comment peut-on être pour ?)

 

 

 

Comploter contre la guerre

  

Comme du temps de la grande épidémie
Où l'on conjurait les frissons noirs
En dansant.

Du temps où l'Age n'était que moyen.

Comme de ce temps,
J'irai demain, moi,
Comploter contre la guerre

En cueillant sur un visage
Le sourire de l'enfant.

 

 

 

Couvert de son feuillage

  

Le voilà, là-bas, couvert de son feuillage
Enfant, défiant déjà
La bourrasque du temps.

Parole de poète,
De loin, je l'aurais pris pour un cheval !
La crinière au vent,
Qui galope vers son horizon.

Ou pour un petit nuage rebelle peut-être,
Qui s'éternise au milieu du firmament …