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Petit Diwan de la Taverne et de la Rue

   

 

  

 

I.

 

Si elle te sait

Qui divague

Es-Saguia, la serveuse

Es-Saguia, la passante

Tout simplement

T’ignore …

 

 

II.

 

Son vin te miroite

De verts jardins

Des plages d’enfer

Un soleil, par cet hiver, rayonnant

De jeunes femmes

 

A portée de main

Leurs seins ronds

 

Si bien

 

Que tu ne peux dire non.

 

 

III.

 

Dans ma colère

Je la traite de mille noms.

 

Asexuée ! Lui ai-je crié l’autre jour.

 

N’importe quoi ...

 

 

IV.

 

Que tu sois attablé

Au bar de cette taverne

Ou à celui de l’autre

De l’autre coté de la rue

 

Quelle importance ?

 

 

V.

 

Le diable soit de l’avocat !

Pourquoi vient-il

S’asseoir à ma table ?

 

 

VI.

 

J’ai pris un, deux, trois verres

Non. J’ai vidé toute la bouteille.

En me relevant, j’ai vacillé.

J’ai été droit au bar.

J’ai payé.

J’ai dit :

« S’il vous plait

Appelez-moi un taxi »

 

J’ai plongé dans l’océan de ses yeux

Je lui ai dit :

« Je te veux ».

 

Elle a répondu :

« Je te veux aussi »

 

Avec un sourire

Elle a ajouté :

« Mais poète … »

 

 

VII.

 

Tu lui fais signe de la main

Tu l’appelles

Elle ne vient pas.

 

Tu penses :

Elle ne m’a pas vu.

 

Sache :

Jamais rien ne lui échappe.

 

 

VIII.

 

Tu passes commande.

Tu attends.

Tu attends.

Tu t’impatientes.

 

Tu penses :

Elle a oublié.

 

Sache :

Elle te met à l’épreuve.

 

 

IX.

 

Es-Saguia,

Ne sais-tu pas ?

 

Elle aime bien

Sur les dessous de verre

Que tu lui griffonnes

Quelques mots

 

Quelque prière.

 

 

X.

 

A la taverne

Il règne quelquefois

Une ambiance de grande terrasse.

 

Belle est Es-Saguia !

 

S’il vous plait,

Puis-je avoir de quoi écrire ?

 

 

XI.

 

Mahmet est parti

Sans saluer.

 

De toute la société

A la taverne

Personne n’a remarqué.

 

Mais Es-Saguia

Sait toutes les allées

Et toutes les venues.

 

 

XII.

 

A la taverne

L’hiver

Les chaises sont incommodes

L’air est épais

 

De certains,

Solitaires,

Les visages sont longs.

 

D’autres

Qui jouent aux dés

Les gestes brusques

Dérangent.

 

 

XIII.

 

A la taverne

Viennent quelquefois

Des vagabonds.

 

L’un, l’autre jour

Tenait à la main

Un croûton.

 

 

XIV.

 

Es-Saguia

Est à tous ceux

De son bon vin

Qui consomment.

 

A l’un elle cligne de l’œil

A l’autre elle sourit

 

Si à l’un elle tourne le dos

C’est que c’est lui

Qui l’a voulu.

 

 

XV.

 

Les passantes

Ont toutes quelque chose

D’Es-Saguia.

 

Comme si

Es-Saguia

Et elles toutes

S’étaient donné LE MOT.

 

 
XVI.

De la taverne

Josef habite à deux pas.

D'une glissade

Priez 

Pour qu'il ne meure pas

Un jour, en rentrant ...
 
 
XVII.
 
A la taverne

Vient quelquefois 

Un vieux couple de chinois

Et un ancien ministre
   

Docteur honoris causa.
 


 
XVIII.
 
Et à la taverne

Quand c'est l'heure de la fermeture

C'est l'heure de la fermeture ...