Index

A

B

C

D

E

F

G

H

I

J

K

L

M

N

O

P

Q

R

S

T

U

V

W

X

Y

Z

Jadis  

 

Jadis

Je plongeais dans son univers,

Inlassablement

Je sentais battre son cœur

Dans ses mots brûlants.

 

Je n’avais que quinze ans.

A cette étape

Où la fièvre nous empoigne

Quand elle daigne,

La passion,

Une fille à l’école,

Nous gratifier d’un regard

Ô combien éblouissant !

 

Ne le voilà-t-il pas,

Aujourd’hui ressuscitant,

Qu’il me dérobe ma plume

Et qu’il rit de moi !

 

Ces écrits sont-ils miens ?

Cette douleur

D’Eve qui enfante

Serait-elle sienne ?

 

Ou alors

Lui,

Moi,

Ne serions-nous qu’un seul ?  

 

 

 

J'ai attendu  

 

Pour que la feuille prenne son envol,
Je me suis battu :

J'ai attendu
De novembre à novembre.  

 

 

 

J'avoue que  

 

J'avoue que
Marie
Le froid dehors
Le feu crépite dans la cheminée
Une poésie des temps anciens
Un verre de vin fin
Une musique qui pénètre partout,

J'avoue que
J'aime la Vie.

Même si au loin
Des clameurs ...

 

 

 

Je bois à ta santé, Ami !  

 

Son goût me va droit au cœur,

Ce vin que tu m'as interdit.

Il se mélange à mon sang comme un frère.

Ils irriguent ma tête et mes rêves

De joie

Et de folie.

 

Je bois à ta santé, Ami !

Et je te sais pardonner.

N'es-tu pas

Aussi

Le vin que je bois ?

 

 

 

Je crois t'avoir tout dit  

 

Je crois t'avoir tout dit
Le reste n'est que détails.

Ce jour, par exemple
Où j'avais rendez-vous
Avec Marie.

 

 

 

Je dormais déjà  

 

Eh non, je n'ai jamais haï ma muse,

Une fois seulement, je lui en est voulu.

Un peu,
Pas beaucoup.

De m'avoir oublié.

D'être arrivée trop tard :

Je dormais déjà,

D'un sommeil profond ...

 

 

 

Je l'ai imaginée immortelle  

 

Je flânais solitaire
Quand un bourgeon
Frappa à la pupille de mes yeux
Et s'engouffra dans mes rêves.

J'ai vu la fleur devenir
Je l'ai imaginée immortelle.

Je repris ma balade.

 

 

 

Je l'ai vue déployer ses ailes  

 

Je l'ai vue déployer ses ailes,
Colombe qui nichait
Dans mon cœur,
Prendre l'essor
Et s'envoler.

La reverrai-je jamais ?

 

 

 

Je les ai vus gris  

 

Ils sont quelques fois bleus

À hurler à la mer,

Verts

Quand je m'égare,

Libre,

Dans des plaines immenses.

Certains jours

Ils sont brillants,

Aux reflets si noirs

Que la nuit en devient pâle

Et brusquement clairs

Aux éclats bruns

De la forêt en automne.

Je les ai vus gris,

Clairsemés de paillettes dorées,

D’autres fois

Remplis de nuances imaginaires.

 

Toujours je les aime.

Sauf

Rougis par les pleurs ...

 

 

 

Je sais choisir  

 

Entre une pipe d’opium

Qui atténue la douleur

 

Et un journal,

Un quotidien,

Qui m’annonce la guerre

 

Je sais choisir.

 

 

 

Je t’écris en cette saison  

 

A Timothée

Tu verras, mon enfant,
Qu'en Automne,
La saison grise,
La musique se fait plus douce.

Plus qu'au printemps
La vie se déchaîne.
Les cœurs battent
À frôler la folie.

Sur des feuilles mortes
Je t'écris en cette saison
Une lettre sans fin.
Signée :
Le vent, les nuages ...

 

 

 

Je te donne  

 

Il m'arrive,
Longtemps après,
De comprendre ce qu'elle me chuchotait.

Elle me disait :
Je te donne
L'automne ...

 

 

 

Je vais dans mon désert  

 

Si un jour, le printemps
Le cadet des saisons
Ne sème plus que le trouble
Dans les champs,

Si par le délire,
Le quartier
Et la ville toute entière
Sont emportés,

Si le froid
Proscrit
Revient au galop,

Je vais dans mon désert

Je viens te chercher ...

 

 

 

Je veux Tout  

 

Ce défaut immense est le mien,
Je veux Tout,
Tout de suite :
La mer,
La muse,
La paix.

 

 

 

Je vous écrirai demain  

 

Je vous écrirai demain

Ou après-demain,

Car aujourd'hui est hier.

 

Je vous écrirai

Quand, preux chevalier,

J'aurais vaincu,

L'horloge,

Et son tic-tac.

 

Sur un parchemin sans fin

Je vous raconterai

En détail,

Le combat.

 

Puis je vous inviterai à me rendre visite

En ma terre sans horizon.

 

Marie,

Vous ne direz pas non ?

 

 

 

Je vous le dis  

 

Je vous le dis
Et que l'on n'en parle plus.
Car nous sommes à armes inégales :
Vous êtes divine
Et je mendie un regard.

Je vous aime.

 

 

 

Je vous sais ici  

 

Excusez cette vague de fièvre

En cet hiver froid.

 

D'un froid qui transperce le cœur.

 

Je vous sais ici,

Ne détournez pas la tête.

Regardez-moi:

 

Suis-je fou ?

 

 

 

J'imagine l'enfant  

 

Aujourd'hui, en ce moment même
Quelque part sur terre
Un homme donne naissance
A un Mot.

J'imagine celui-ci
Lui écorchant les cordes vocales.

J'imagine l'enfant
Venant au monde
Criant de toutes ses forces.

J'imagine l'homme heureux
S'étonner de sa progéniture.

Un mot d'amour ...