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Il a fallu seulement  

 

A Majnoun, poète anonyme.

A Leyla.

 

Dans mille ans encore

On se demandera

Quel stratagème magnifique

Quel instrument génial

Quel outil sublime

T’ont permis de bâtir ce poème.

 

Et tu sais :

Il a fallu seulement

Qu’elle soit là …  

 

 

 

Il faut et il faut  

 

Il faut avoir vu des coquelicots
Dans une prairie où ils ne poussent plus
Dans une terre par une saison
Solennellement excommuniée.

Il faut des souvenirs présents
De marguerites folles
Dans des champs
Où en cette heure
Les hommes ne s'aventureraient pas.

Il faut
Quand tu vaques dans la ville
La pupille de tes yeux
Encore remplie de gueules de loups
De sauvages lilas.

Il faut et il faut
Ou sinon
Enterre le printemps ...  

 

 

 

Il ignore les lunes éternelles  

 

Elle
N'est encore qu'un bourgeon
Et lui, un vieil ami.

Elle
Est au centre
Et lui, pris par le vertige
Sur une orbite
A un siècle-folie.

Elle
Est sa potion présente
Pour l'oubli
Et il est un vague remède
À l'ennui.

Il ignore les lunes éternelles
Les combattantes immortelles
Les mèches de gris ...

 

 

 

Il ne vient jamais qu'en ami  

 

Il faut
De l'Automne
Ne jamais avoir peur.

Il ne vient jamais qu'en ami.  

 

 

 

Il pourrait changer d’avis  

 

La tempête dérange le printemps.

Il pourrait changer d'avis
Et s'abstenir.  

 

 

 

Il réclame ta voix  

 

Aussitôt le mot mis au monde
Il faut le nourrir.

Déjà, à grands cris,

Il réclame ta voix
D'une douceur infinie ...  

 

 

 

Il s'est habillé de rose  

 

Il s'est habillé de rose

Vers le coucher du soleil.

 

De ce rose

Dont il a barbouillé les flamands.

 

Il a ravagé la terre d'autres couleurs:

De celles que tu n'aurais jamais pensées.

 

Il a dit

Dans un geste doux:

Je te donne !

Et la musique fut.

 

Il m’a murmuré quelques paraboles.

 

Mais où était-il l'autre jour ?

Alors que la douleur me transperçait ?

 

 

 

Il vivra avec vous  

 

La vie commence là où tu lis

Ou alors mon poème repose.

 

Le savent-ils

Ceux qui passent,

Ceux qui vont vite,

Ceux qui ne s’arrêtent jamais ?

 

Et si je vous disais que je vous ai attendu ?

 

Et si je vous disais :

Vivez ! Il vivra avec vous !  

 

 

 

Il y a comme un bruit  

 

Merci pour la pluie de mots

Qui ruisselle sur son corps nu

De femme belle.

 

Et quand c’est le silence

Il y a comme un bruit

Qui assourdit l’air :

Celui de vos cœurs qui battent.  

 

 

 

Il y avait les saisons  

 

Je m’avoue vaincu.

Je vous rends

Les battements de mon cœur,

Ma folie,

Le souffle

Que vous m’avez prêté.

 

Pardonnez-moi d’avoir flâné,

Mais la tentation !

 

Il y avait cette musique

Et ce corps si beau,

Le votre,

Que vous m’avez offert.

 

Il y avait les saisons

Quand elles se déchaînent.

 

Il y avait des guerres.

Pourquoi ne pas me les avoir épargnées ?

 

Et je n’avais que vous,

Pour compagnie …

  

 

 

Ils inventent des voyages  

 

A Blaise

 

Vous souvenez-vous ?

 

Frère de ceux qui voudraient un jour

Accrocher la lune

Au ciel dédaigneux.

 

Ceux qui deviennent.

 

Les yeux hagards

L'oreille parfois

Portée disparue.

 

Ceux qui partent.

 

Mais les hirondelles reviennent.

 

Ils inventent des voyages

Qui commencent dans la brume.

 

Sans le sou,

Leurs âmes ne périssent jamais.

 

Vois !

Quand le masque s'écroule

Sous la folie.

 

Et s'ils cèdent à la colère

Alors, le rêve haut

Le verbe sans haine ...  

 

 

 

Ils sont rieurs  

 

Ma nuit pleine à craquer.
Exemple, de ce rêve
De plonger dans les yeux
Dérobés à la mer
De Marie.

Je n'y rajouterais rien.
De nature
Ils sont rieurs.

Les doigts enfiévrés
J'arrangerais sur sa tête
Des cheveux d'automne.

Et la silhouette déjà s'élancera.

Puis sa peau brûlera sous le soleil
À effleurer l'ébène ...  

 

 

 

Immense comme le ciel bleu  

 

A Pablo Neruda

  

C’est comme s’il n’en était rien.

 

Pourtant.

 

Je l’ai gueulé dans la rue

Je l’ai écrit sur les murs

Je l’ai rêvé dans mes poèmes

 

J'en ai fait un tableau

Tout blanc

Immense comme le ciel bleu

 

Je l’ai fredonné en m’accompagnant de ma guitare

Je l’ai psalmodié dans mes prières

Je l’ai fait traduire en votre langue

Je l’ai dit dans des interviews

A ces messieurs

Les journalistes

 

Mon amour de la paix !

Mon amour de la liberté !