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Dans son cœur  

 

L'orient cache sa lune
Dans son cœur
De peur que ton regard
Ne la salisse.

Il ne l'autorise à se promener
Parmi les étoiles
Que s'il te sait
Dormir
A poings fermés.

 

 

 

De ce pain  

 

Il faut manger encore plus

De ce pain

Et n'avoir pas peur de parler

En mangeant !

 

Elle est la Vie

Qui t'a foudroyé.

 

Il faut rire haut

Et rêver quelques fois.

 

Et quand elle vous dit Non

Il vous faut savoir vous en aller ...

 

  

 

De rencontres fortuites  

 

De mes voyages
De préparatifs
De valises lourdes à porter
Bourrées de souvenirs
D'itinéraires, de chemins
D'embûches
De rencontres fortuites
D'étapes, quelquefois longues
De Marie.

De tout cela
Je te parlerai
Ce jour où tu viendras me chercher.

 

 

 

De vive voix  

 

Je vais de ce pas
De vive voix
Raconter à la mer
Le fardeau lourd
Des saisons passées.

A la ville
Je demanderai cependant
De prendre soin
De Marie.

Je me jetterai
Dans les bras de cette vague
Qui sèche les larmes de sel
- Pas la première venue -
Rafraîchit corps et mémoire
Et quelquefois
Nous emporte trop loin ...

 

 

 

Demain quand j’en aurai l’âge  

 

Demain

Quand j’en aurai l’âge

J’irai dans les faubourgs

Chercher des mots

Qui font le trottoir.

 

J’en ferai un poème

Qui palpite du cœur.

 

Je l’offrirai à Sarah

Une fille

Bien que belle

Choisie par le destin

Pour le bonheur payant

Des hommes.

 

Et elle est mère aussi.

Le regard du petit

Lourd

De questions sans espoir.

 

Je le lui lirai.

 

Je le lui déclamerai

Si d’aucuns le permettent.

 

Elle s’en souviendra

J’espère

Face à ces mendiants

Qui désirent

 

Un instant

 

Oublier la mort.

 

 

 

Des cœurs gravés  

 

Sur des troncs d'arbres
J'ai souvent lu
Des cœurs gravés
Transpercés
De flèches ardentes.

Mais le temps
Cicatrise les plaies,
L'oubli
Atténue la douleur.

En est-il aussi ainsi
Des guerres passées ?  

 

 

 

Des murs bleus  

 

Tu habiteras un château de couleurs

Construit

Le temps de quelque rêve fébrile.

 

Des murs bleus

Pour te rappeler

Que nous vivrons un jour

Au bord de la mer.

 

Autour,

Le blé de vastes plaines

D’un jaune

Venu à pied

Du fond de l’Afrique.

 

Ainsi d’ailleurs l’ébène de ta peau.

 

A l’horizon quand même

Le vert d’un platane rebelle.

 

Et jamais de gris

Hormis celui de petits nuages

Qui passent

Sans dire bonjour.

 

 

 

Dormez frères !  

 

Le monde se porte bien.

Tout le monde a de quoi manger.

Personne ne fait plus la guerre.

Personne n'a plus peur.

 

Nous n'avons plus besoin de prier.

 

 

 

Du poète Mohamed Dib  

 

Du noir de la tête aux pieds
Car au nord jour de froid
Comme un jour de neige
Les bras ballants
Le cœur vide
De larmes mon regard transparent
Ou je porterai un nez de clown
Pour amuser les arbres tristes
Et un défaut de langue
Pour déclamer le soleil
Du poète Mohamed Dib
Dont on prétend
Qu'il est mort ...

 

 

 

Du temps de l'enchanteur  

 

C'était si bien
Du temps de l'enchanteur
Des fées
Des filtres
Des potions.

Du temps
Où nous étions enfants ...