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A leur agonie  

 

La muse n'a de comptes à rendre
Qu'à l'automne,

A leur agonie.

 

 

 

A l'ombre de cet arbre  

 

J'ai un petit creux à la vague

Mes amis

C'est aujourd'hui dimanche

Le jour qu'il ne faut pas.

 

Arrêtons nous s'il vous plaît

A l'ombre de cet arbre

Que je reprenne mon souffle,

Et la vie

Son petit bout de chemin.

 

Je pourrais après

Vous dire peut-être

 

Où je vais

Et d'où je viens.

 

 

 

A Mars insoumis  

 

Mes hommages, ami de la paix
La rue te sait fidèle,
La muse
Et les feuilles.

A Mars insoumis.

Puissiez-vous proliférer plus vite,
Que l'espèce s'éteigne
De ceux qui veulent la guerre.

 

 

 

A moi !

 

A moi la lune !

A moi l’horizon !

A moi l'automne, ma saison !

A moi les hommes, les femmes, les enfants !

A moi le pain,

Le bois dont je me chauffe,

Le vin que j'écoute,

La musique que je bois !

 

A moi

Les mots !

 

 

 

A tire d'ailes  

 

Les chevaux, mes mots
A tire d'ailes
Survoleront mers et continents.

Ma pensée
Solitaire passager du vol
Des lèvres
Viendra effleurer ton front.

 

 

 

Ainsi le veut la lune  

 

Je vous ai rêvée nuit bleue d’été

Me couvrant de mille étoiles

Et d’un baiser.

 

Cette nuit,

Vous êtes mienne.

 

Ainsi le veut la lune

Marquant votre front

Comme un grain de beauté.

                      

Mais demain,

Le serez-vous aussi ?

 

 

 

Alors vous chuchotez  

 

Elles se comptent sur le bout des doigts

Tout au cours d'une vie.

 

Elles sont nuits

Mais blanches.

 

Elles vous tiennent compagnie.

 

Elles commencent vers le soir.

C'est un pont

Mais personne n'y danse

Que la flamme d'une bougie.

 

Elles commencent quelque part

Où il n'y a plus de fenêtres

Plus de murs

Plus de ville

Plus de quartier.

 

Les mots

Provoquent l'avalanche,

Alors vous chuchotez.

 

Et elles ne sont

Sur aucun calendrier.

 

 

 

Ami voyageur  

 

Je te sais là

Qui guette mon sommeil

Ce jour où il sera trop long.

 

Ami voyageur

Qui tarde à revenir.

 

Vous m'attendrez au pas de la porte

Le visage rayonnant.

 

Vous ferez un grand geste

Et me direz:

Entrez !

 

Et j'entrerai d'un pas résolu.

 

 

 

Août espère

 

Août espère

Cet été encore

Au détour d’une vague

Croiser quelque sirène.

 

Celle qui peuple

Les contes à l’ancienne.

                                  

La chevelure blonde

Le regard langoureux

Les seins ronds

La bouche prête.

 

Mais Août se souvient :

Au village

Ce jour là

Il pleuvait

Mais des bombes.

 

Et cette sirène

Accrochée à un toit

Affreuse

Hurlant à la mort

 

Qu’Août voudrait

 

Oublier

 

À jamais.

 

 

 

Après la muse  

 

Le chemin

Le seul

Le vrai

C'est celui qui te mène vers elle.

 

Après la muse

Le déluge.

 

 

 

Arbre, cher Arbre  

 

N'est-ce pas elle au café, la serveuse ?
Dans la rue, cette passante ?
Dans la nuit, cette lune ?
N'est-ce pas elle - que sais-je - la vie ?

Arbre, cher Arbre
Secouez-vous !
Ne la voyez-vous donc plus ?

 

 

 

Arrivé au port  

 

Belle journée qu’hier !

Je me suis promené dans la ville.

Je n’avais rien d’autre dans mon porte-monnaie

Que ces quelques mots, que je vous écris.

Je portais une fleur à ma boutonnière,

Je marchais sans allonger le pas.

 

Arrivé au port,

Le paquebot m’attendait.

 

 

 

Au retour  

 

Je m'en irai

Le jour où j'aurai tout dit.

Et alors, je demanderai au vent

- Qui sait, peut-être voudra-t-il ? -

Seul,

De m'accompagner.

 

Je lui demanderai de ne hurler

Cette fois-ci

- Qui sait, peut-être acceptera-t-il ? -

Que pour moi !

 

Et je lui demanderai

Au retour

D'aller saluer

Mes amis.

 

 

 

Aux portes de septembre  

 

Aux portes de septembre
Nous conjuguerons encore au présent
L'être
Et au passé, l'été.